Le Festival 2010

Légitimité

Edouard Molinaro
Réalisateur, scénariste et acteur

Que vient faire un pseudo-œnologue aussi peu qualifié que moi dans un festival cinématographique dédié aux crus les plus prestigieux du monde entier ?

J’ai d’abord maudit mon ami Yves Rousset-Rouard - grand vigneron et grand producteur de films - de m’avoir poussé à présider le jury d’Œnovidéo 2010.

Si soixante ans de cinéma peuvent m’autoriser à évaluer la qualité d’un récit ou d’un document filmé, aucune expérience et aucun diplôme ne me permet de juger les qualités d’un vignoble ou sa spécificité. Et surtout pas de diriger un aréopage de spécialistes triés sur le volet.

J’étais donc sur le point de renoncer quand me revint à l’esprit ma qualité… de Bordelais.

Né, il y a longtemps, dans la capitale de l’Aquitaine, j’ai toujours vu mes parents honorer les vertus du produit le plus fameux de la région. Le but des promenades dominicales étaient souvent les plaines du Médoc, les châteaux du Sauternais ou les remparts du Saint-Émilion. Quant à mon adolescence, je l’ai vécu en grande partie chez les paysans du Réolais, tous plus volontiers vignerons que céréaliers.

Pour clore le chapitre de ce début de vie, l’une des questions que j’eus à traiter dans le cadre du baccalauréat fut : « Les vins de France » !!!

Reçu mais avec mention passable !!!!

Je me rattrapais - professionnellement - en ventant les adeptes de Bacchus dans « Mon Oncle Benjamin » avec la complicité de Jacques Brel dans la splendeur d’un été bourguignon. Enfin, toujours grâce à Yves Rousset-Rouard, je célébrais le cognac par la bouche de Claude Rich dans « Le Souper » de Jean Claude Brisville.

J’accumule ici les bonnes raisons que j’ai de me retrouver aujourd’hui face à des jurés certainement beaucoup plus qualifiés que moi dans la Culture du vin et je ne ressens que trop la faiblesse de mes connaissances !

Pour me faire pardonner je m’engage - et ça ne sera pas un serment d’ivrogne - à mettre en œuvre au sein du jury une vraie « démocratie participative » comptant sur la lucidité et la bravitude de tous les membres de cet auguste cénacle.

Remise officielle des trophées 2010

Vendredi 10 septembre 2010, au Palais du Luxembourg à Paris, Pascal Judelewicz (Acajou films) et Gaspard Ulliel reçoivent le Trophée du meilleur long métrage et le Prix de l'Imaginarium pour la fiction de la réalisatrice Néo-Zélandaise Niki Caro "La veine du vigneron".

Trophées 2010
Deux femmes, l’une vigneronne, l’autre réalisatrice au sommet du Palmarès Oenovidéo 2010

«J’ai beaucoup appris sur la vie et les passions des vignerons, l’esprit du vin…J’ai été très ému par certains films » Edouard Molinaro, président du Grand Jury Oenovidéo 2010 (Midi Libre du mardi 18/05/2010)

Le plus ancien et toujours pionnier…

H.L. Arnould
Directeur du Festival Œnovidéo

Œnovidéo 2010 : Le plus ancien festival de films sur la vigne et le vin garde son esprit pionnier : il propose aux festivaliers de plus en plus nombreux l’expérience originale d’une synchronisation images-sons-odeurs, deux avant-premières inédites en Europe et un incroyable panorama d’images sur la vigne et le vin venues du monde entier.

Année après année, notre étonnement est mis à l’épreuve et se renouvelle : la diversité des productions cinématographiques autour de la vigne et du vin s’amplifie chaque fois un peu plus. La part accordée à la création est de plus en plus forte et la qualité des images ne cesse de progresser. Il y de plus en plus de sujets abordés et une plus grande variété de formats : documentaire, fiction, publicité, en court, moyen et long métrages.

2010, sera résolument un millésime très international. Jamais autant de pays n’auront été en compétition : 19 pays de tous les continents. Cette approche internationale est incontestablement le vecteur d’un grand foisonnement d’images et d’idées. Une véritable source d’inspiration pour la filière vitivinicole.

Ce rendez-vous annuel se positionne désormais comme le reflet des grandes tendances qui façonnent l’image de la vigne et du vin en France et à l’étranger. Ainsi la présence de films autour du thème de la beauté des paysages viticoles, de leur biodiversité et du respect de l’environnement se confirme. L’univers de la vigne et du vin devient un véritable sujet de société et les films véhiculent émotion, beauté, humour et même des prises de position.

L’esprit pionnier est bien présent et les festivaliers vont vivre l’expérience originale de la projection d’un film synchronisée avec un diffuseur d’odeurs. Par ailleurs, ils auront le privilège d’assister à deux avant-premières européennes : un long-métrage Néo-zélandais et une comédie américaine. Tous ces facteurs s’ajoutent et font du Festival Œnovidéo un rendez-vous incontournable pour tous les professionnels (viticulteurs, responsables marketing, enseignants etc.) et les amateurs avertis qui souhaitent comprendre les composantes de l’image de la vigne et du vin.

Sous la Présidence d’Édouard Molinaro, réalisateur, acteur et scénariste, le Grand Jury devra faire preuve d’une grande sagacité pour faire le choix des meilleurs films pour leurs qualités en tant que telles.

Autre raison de se réjouir, l’heureuse harmonie entre le lieu et le thème de la 5e exposition Terroirs d’images, fait de ce rendez-vous au cœur de la Camargue viticole une occasion unique de célébrer autour de la photographie la rencontre entre l’eau et la vigne.

Nous remercions pour leur invitation Yves Barsalou et les Domaines Listel à Aigues-Morte. C’est avec un grand plaisir que le festival fera halte au cœur de la Camargue en ces premiers jours de mai. Un grand bravo pour tant d’implication et de professionnalisme. Nous nous réjouissons de partager autour d’Œnovidéo un rendez-vous de l’amitié et des savoirs, une fête culturelle dont les artisans et les professionnels sont de plus en plus nombreux.

Le domaine de Jarras accueille Œnovidéo…

Yves Barsalou
Président des Domaines Listel

Laetitia Carbonell, Directrice technique des Domaines Listel, ses collaborateurs et moi-même sommes ravis de vous accueillir sur le site de Jarras. Je voudrais remercier Henri-Laurent Arnould, Édouard Molinaro et leur équipe d’avoir retenu la zone des Sables pour cet événement. J’y vois un symbole fort : le retour sur les rives de la Méditerranée : Gruissan en 2008, une étape à Nuit-Saint-Georges en 2009 et aujourd’hui la Camargue.

La Camargue, terre mythique s’il en est où taureaux, chevaux, flamants roses et vignerons cohabitent. Les Domaines Listel œuvrent depuis 126 ans au maintien de la flore et de la faune. Le développement durable et la préservation de l’écosystème camarguais sont une priorité, à tel point que tout hectare de vignes a son hectare d’espaces naturels. Il y a là un équilibre que nous nous employons à pérenniser. Vous avez raison d’écrire que ce festival 2010 est l’occasion unique d’une rencontre entre la nature, le cinéma, la vigne et le vin. J’ose ajouter qu’il manque un dernier volet que nous souhaiterions voir développer pour conforter notre partenariat : la pérennité de l’exposition Terroirs d’images.

Je vous renouvelle mes remerciements au nom du Groupe Vranken-Pommery Monopole et de Listel et vous souhaite un excellent séjour sur nos terres de Camargue desquelles, c’est promis, nous avons évacué les moustiques.

Listel : La Nature c’est notre culture !

Martial Pelatan
Directeur Général des Domaines Listel

La Camargue est bien connue pour ses paysages magnifiques, sa faune et sa flore typiques. Ce qui est moins connu, c’est qu’elle héberge un remarquable vignoble à nul autre pareil : le Vignoble des Sables.

Dès 1406, des lettres patentes de Charles VI attestent son existence et réglementent la vente des Vins des Sables sur le territoire d’Aigues-Mortes.

Lors de l’invasion phylloxérique, le Vignoble des Sables est miraculeusement épargné grâce à la texture du sol qui empêche le développement du parasite. Ce vignoble connaît alors un formidable développement. La Compagnie des Salins du Midi, important producteur de sel, crée en 1883 une activité viticole sur les dunes sablonneuses voisines des exploitations salinières d’Aigues-Mortes et de Sète : c’est la naissance de Listel. Dès la fin de la seconde guerre mondiale, les Domaines Listel conduisent une véritable « renaissance » axée sur deux objectifs : la qualité des vins, et l’innovation technique et commerciale. Un homme conduira cette révolution : Pierre Julian.

Le Vignoble des Sables Listel s’étend sur 1 700 ha, au sein d’un vaste espace naturel de 4 000 ha. Ce parfait équilibre des surfaces dédiées à la vigne et à la nature sauvage (lagunes, landes, forêts…) est fondamental pour la viticulture durable et la biodiversité. La grande majorité de ce vignoble est situé autour de la « capitale » du Vin des Sables : Aigues-Mortes.

Nos douze domaines sont remarquables par leur dimension et leurs paysages sublimes. Le Domaine de Jarras est le plus impressionnant, il s’étend sur plus de 800 ha dont 430 ha de vignes. Il abrite une flore et faune exceptionnelle, plus de 760 espèces ont déjà été inventoriées. Classé Natura 2000, le domaine dispose d’un plan de gestion unique qui lui permet de concilier viticulture durable et préservation de l’environnement. Au cœur du domaine existe un lieu remarque, chargé d’histoire : l’Isle de Stel, vaste territoire sablonneux entouré par deux anciens bras du Rhône, où les Chevaliers du Roi Saint-Louis entraînaient leurs chevaux avant de partir pour les 7e et 8e Croisades.
En 1950, le terme « Isle de Stel » est devenu par contraction Listel, créant ainsi la première marque de Rosé en France.
Listel : notre terroir c’est la dune !
Le terroir du Vignoble des Sables de Camargue est particulièrement original. Les sols sont sableux, siliceux et calcaires, quasiment dépourvus d’argile et de limon. La fertilité est faible et ne permet guère que la culture de la vigne : cela signe un grand terroir viticole. Les sols sont cultivés traditionnellement, sans recours aux herbicides. Afin d’éviter l’érosion éolienne, un couvert végétal de seigle protège le sol d’octobre à mai. Plus de cinq mille moutons pâturent ces herbages durant tout l’hiver. La fertilisation est essentiellement organique.
Les Sables abritent un exceptionnel vignoble de grenache « Franc de pied », encore appelé « vignes préphylloxériques ». Il produit le « vin d’avant », sans compromis, authentique, intemporel, empreint de la minéralité du sol qu’exploitent parfaitement les « racines françaises » du grenache non greffé. À l’image de la Fleur de Sel produite par nos voisins saliniers, le Franc de pied est en quelque sorte la Fleur du Vin.
Listel : La vie en… Gris !
Depuis plusieurs siècles, le Vignoble des Sables produit essentiellement des Vins Gris. Pourquoi ?
Parce qu’un vin est à l’image du sol qui nourrit les vignes. Sol léger, subtil, délicat et soyeux, le sable avait vocation à élaborer des Vins Gris fins, élégants et aériens. Le Vin Gris est l’expression naturelle, traditionnelle et authentique du terroir des Sables de Camargue. À l’heure où, en raison du succès mérité des vins rosés, tant de régions se mettent à élaborer des « rosés d’opportunité », il faut rendre hommage au terroir des Sables où le rosé est la vocation exclusive et éternelle !
Les Vins Gris résultent de l’assemblage de plusieurs cépages de haute qualité, issus des différentes communes et « crus » du vignoble des Sables. Nos ingénieurs, œnologues et maîtres de chai détiennent un savoir-faire hérité de leurs prédécesseurs qui, au XIXe siècle, assemblaient déjà les Vins Gris des Sables. Sur cette terre de Camargue « où nulle stabilité, nul relief, nulle certitude ne limitent notre imaginaire », Listel a réalisé un vignoble incomparable, du plus haut niveau, tout en préservant le fantastique milieu naturel.
Les destinées de Listel sont aujourd’hui entre les mains du Groupe Vranken-Pommery, prestigieuse et importante Maison de Champagne. Les nombreuses valeurs que nos deux Maisons partagent assurent longue vie à « l’alerte vieille dame Listel », qui a fêté ses 126 ans !

Arbois
Jura - France

À l’invitation de la ville d'Arbois